Kit d'évacuation : combien de Français l'ont réellement préparé ?

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Le kit d’évacuation : un indispensable que presque personne ne possède

Le concept est simple : un sac prêt à emporter en cas d’urgence, contenant de quoi survivre 72 heures en autonomie. Appelé Bug Out Bag (BOB) dans le monde anglo-saxon ou simplement kit d’évacuation, il est recommandé par les autorités de la plupart des pays développés. Pourtant, en France, une infime minorité de la population en possède un.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Selon les estimations disponibles, la France compterait entre 100 000 et 150 000 survivalistes actifs — soit moins de 0,2 % de la population. Ce sont les seuls à disposer quasi systématiquement d’un kit d’évacuation prêt.

Un sondage IFOP / Croix-Rouge révèle que plus de 55 % des Français craignent d’être confrontés à un risque majeur les mettant en danger (contre 38 % en 2010). Mais à peine un Français sur deux déclare avoir reçu une formation aux gestes de premiers secours. Quant à la préparation concrète — constituer un kit, stocker de l’eau, prévoir un plan d’évacuation familial — le taux chute drastiquement.

À titre de comparaison, aux États-Unis, environ 25 % des Américains déclarent posséder un sac d’évacuation prêt. La France est très loin de ce chiffre.

Le gouvernement sonne l’alarme

Face à ce constat, le gouvernement français a publié en novembre 2025 un guide intitulé « Tous responsables », invitant chaque citoyen à constituer un kit d’urgence offrant 72 heures d’autonomie. Catastrophes naturelles, cyberattaques, conflits armés, terrorisme : les scénarios justifiant cette préparation ne manquent pas.

Le site officiel Géorisques détaille le contenu recommandé pour ce kit d’urgence.

Que doit contenir un kit d’évacuation ?

Les essentiels pour 72 heures d’autonomie :

  • Eau : minimum 1 litre par personne et par jour, soit 3 litres par personne. Un filtre à eau portable permet de compléter cette réserve.
  • Nourriture : barres énergétiques, conserves à ouverture facile, fruits secs, rations lyophilisées.
  • Éclairage : lampe frontale avec piles de rechange ou lampe à dynamo.
  • Premiers secours : trousse complète avec médicaments personnels.
  • Communication : radio à manivelle, chargeur portable ou petite station d’énergie.
  • Documents : copies des pièces d’identité, ordonnances, numéros d’urgence dans une pochette étanche.
  • Vêtements : un change chaud, une couverture de survie, un poncho de pluie.
  • Outils : couteau multifonction, briquet, sifflet, corde.

Pourquoi si peu de Français sont-ils préparés ?

Plusieurs facteurs expliquent ce retard :

  1. Le déni du risque : “Ça n’arrive qu’aux autres” reste la pensée dominante, malgré les inondations en Espagne, la tempête Nils ou les canicules meurtrières.
  2. L’image du survivaliste : encore trop associée aux extrêmes, la préparation est perçue comme un comportement marginal plutôt que comme du bon sens.
  3. La confiance aveugle dans les secours : les Français comptent sur l’État pour intervenir rapidement, oubliant que les premières 72 heures sont souvent les plus critiques — et les plus chaotiques.

Le bon moment pour commencer, c’est maintenant

Préparer un kit d’évacuation ne coûte pas forcément cher et ne demande que quelques heures. L’essentiel est de commencer : même un sac basique avec de l’eau, de la nourriture et une lampe est infiniment mieux que rien.

Les événements récents — tempête Nils privant 2 millions de foyers d’électricité, inondations dévastatrices en Espagne — rappellent que la question n’est pas si une crise surviendra, mais quand.